
À compter du 1er août 2026, utiliser son téléphone au volant dans l’Yonne pourra entraîner bien plus qu’une simple amende. Le préfet a décidé d’instaurer une suspension administrative d’un mois du permis de conduire pour tout conducteur surpris en train d’utiliser son smartphone dans le cadre d’un comportement dangereux. En cas de récidive, cette suspension passera à deux mois.
Les deux annonces préfectorales publiées à quelques jours d’intervalle répondent à une même réalité : la sécurité routière se dégrade. Le téléphone au volant demeure une source majeure d’inattention tandis que le non-respect des règles de priorité est devenu, en juin 2026, la première cause d’accidents corporels dans l’Yonne.
Près de 80 % des automobilistes reconnaissent utiliser leur téléphone en conduisant. Téléphoner multiplie par trois le risque d’accident ; écrire un message le multiplie par vingt-trois. Dans le département, plus de 3 400 procès-verbaux ont été dressés en 2024 et la tendance se confirme.

Pourquoi ces décisions ? Parce qu’un accident corporel ne se limite jamais à des dégâts matériels. Il mobilise les secours, les hôpitaux, les forces de l’ordre et les assurances. Il peut entraîner des blessures irréversibles, un handicap, des traumatismes psychologiques ou un décès. Son coût pour la collectivité se chiffre souvent en centaines de milliers d’euros, voire en millions pour les accidents les plus graves.
En renforçant les sanctions et en lançant une campagne de sensibilisation, l’État cherche avant tout à éviter que ces drames ne surviennent. Respecter un stop, une priorité ou ranger son téléphone n’est pas seulement une obligation du Code de la route : c’est un geste qui peut sauver une vie.
Sarah Milen

