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« C’est des métiers qui se perdent » : Jean Claude Larrivé est tapissier à Auxerre depuis 30 ans.

« C’est des métiers qui se perdent » : Jean Claude Larrivé est tapissier à Auxerre depuis 30 ans.

Arthur Londres17 mars 2026

En plein cœur d’Auxerre, Jean-Claude Larrivé exerce depuis 40 ans le métier de tapissier, une profession artisanale qui se fait de plus en plus rare et pourtant, la clientèle ne désemplit pas.

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Jean Claude pose avec deux fauteuils restaurés par ses soins. Crédit : Arthur Londres

A quelques encablures de la rue du Temple, Rue Haute Perrière, impossible de manquer la tapisserie de Jean-Claude Larrivé. Ici, depuis 30 ans, ce tapissier de père en fils exerce son métier de toujours. L’enseigne a tout pour figurer sur une carte postale : une maison à pans de bois fleurie, une enseigne artisanale et sur la façade, une sculpture de Ste Barbe sculptée à même la charpente. « C’est la sainte-patronne des lissiers, l'ancêtre des tapissiers », lâche Jean Claude Larrivé. À croire que l’emplacement n’a pas été laissé au hasard, et pourtant... Tapissier depuis sa prime jeunesse, Jean Claude Larrivé a d’abord travaillé dans l’ex-boutique de ses parents située rue du Temple. A la fermeture de l’affaire familiale à la fin des années 90, il s’installe une rue plus bas dans une maison en crépi : «  en faisant des travaux, j’ai découvert des pans de bois et la sculpture. J’ai eu le droit à la visite des bâtiments de France et tout le tralala, se souvient le tapissier. À l'époque, les travaux m’ont coûté plus cher que prévu, mais c’est vrai que ça donne un certain charme ».

Dans son atelier, Jean Claude coud, rembourre et redonne vie à des fauteuils, rideaux et autres tissus usés par le temps. « Je pense pas que ce soit un métier en voie d’expansion, c’est des métiers qui se perdent, un métier tellement diversifié. Pour être un tapissier digne de ce nom il faut au minimum 10 ans de pratique. Et puis c’est le problème de la consommation. Aujourd’hui on préfère acheter et jeter que faire restaurer », confie celui qui fête ses 40 années de métier. Un savoir-faire reconnu par sa clientèle qui ne désemplit pas : particuliers, restaurants, hôtels. « Je fais également le marché d’Avallon tous les samedis. Je fais de la démo, je travaille devant les gens, ça me ramène des clients, pas mal même. Je vais même jusqu’à Paris pour restaurer, confie l’artisan qui n’est pas du genre à rester assis dans son fauteuil. Attendre le client non, on est à une époque où il faut se bouger », rigole Jean-Claude , le sourire aux lèvres. A 60 ans, celui qui porte « l’amour de son boulot »est le meilleur ambassadeur de sa profession. Pour les curieux qui n’ont ni fauteuil, ni rideaux, ni tissus à acheter ou faire réparer, l’artisan donne des cours dans son atelier et transmet son savoir-faire, pour que la technique perdure !

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La caverne du tapissier rue Haute-Perrière à Auxerre. Crédit : Arthur Londres

Arthur Londres

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