De la création de l'IESA au mécénat pour les musées de Sens, Françoise Schmitt trace un parcours guidé par l'audace. Portrait d'une femme d'action qui conjugue aujourd'hui retraite et engagement culturel.
« Je suis née un 1er mai 1949. Déjà ça installe la personne » s’amuse d'emblée Françoise Schmitt. Le ton est donné : l’énergie est vive, presque contagieuse. Cette force de caractère, Françoise la porte en elle depuis toujours, héritée d’une lignée familiale où l’on a appris à forger son destin dans le fer. Portée par les aspirations de ses parents, elle excelle au sein du Lycée de garçon Stéphane Mallarmé. Encore aujourd’hui, elle croise certains de ses anciens camarades, notamment l’artiste Jean Gaudaire-Thor. Puis elle rejoint le collège de filles rue de la Grande-Juiverie. Les loisirs ne manquent pas non plus. Elle pratique la danse classique pendant plusieurs années, des cours prodiguées par Marie-Louise Didion, danseuse étoile de l’opéra de Paris, ainsi que le scoutisme.
Françoise Schmitt a ensuite façonné son parcours au gré de ses envies, de ses passions, de ses rencontres. En 1968, elle lorgne vers le chinois et le russe, mais elle finit par s'inscrire à Sciences Po, par pure amitié pour une proche « qui ne voulait pas y aller seule ». Mais le destin fait bien les choses : si sa santé la contraint à abandonner ses études, l'école lui offre une rencontre décisive, celle de Jean-Marie, son futur époux. C'est finalement dans le droit, au sein d'un cabinet de propriété intellectuelle, qu'elle fera ses premières armes.
Création d’une école toujours en vogue
En 1985, Françoise Schmitt et son époux fondent l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts (IESA), installé à l’époque au 91 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Françoise le fait rayonner à travers de nombreuses collaborations avec des acteurs de la culture en France mais également à l’étranger : l’Ecole du Louvre, le musée londonien la Wallace Collection ou encore la prestigieuse université de Tsinghua à Pékin. En 1993, visionnaire, elle lance le département multimédia : « je sentais que c’était un outil de travail extraordinaire ». Dans la foulée, elle s'engage aux côtés de l’artiste Fred Forest, l’un des pionniers de l'art vidéo et du Net.art, « un type qui est absolument incroyable », souligne-t-elle, dont les collections rejoindront le Centre Pompidou. Mais en 2015, l'heure de la retraite approche, Jean-Marie est souffrant, le couple se résout, non sans émotion, à céder l'institut au groupe Galileo.
Un soutien infaillible au Musée de Sens
Pour Françoise Schmitt, la retraite n'est qu'un mot, pas une réalité. Elle ne connait pas l’ennui. L’oisiveté ? Très peu pour elle. À peine une page se tourne-t-elle qu'elle en écrit déjà une autre, avec cette même fougue qui l’animait à ses débuts. Sollicitée par l’ancienne conservatrice du musée de Sens Sylvie Tersen, elle fonde en 2016 l’association Aderamus. Du réseautage stratégique à la recherche de financement, la structure œuvre sans relâche pour le développement et le rayonnement des Musées de Sens. Dans cette dynamique, Françoise donne également naissance au GRAAM (Groupement des Amis des Musées de Bourgogne-Franche-Comté). De Pontarlier à Dole, en passant par Chalon-sur-Saône, les musées de la région n’ont désormais plus de secrets pour cette précieuse ambassadrice.
Floriane Boivin


