
Du 7 au 28 avril, la commune de Gurgy accueille Emyarts, artiste originaire de la région parisienne. Une résidence financée par une entreprise locale, rare initiative qui place ce village de l'Yonne parmi les communes pionnières en matière de soutien à la création artistique.
Un appel à projet remarqué
Lancé sur la plateforme Riofluo, accessible via abonnement annuel, l'appel à projet a suscité un engouement bien au-delà des frontières départementales : pas moins de 50 dossiers ont été reçus, émanant de toute la France, Nantes, Strasbourg, Bordeaux, mais aussi de l'étranger, avec des candidatures venues d'Écosse, de Kinshasa, d'Allemagne et de Chine. Treize candidats venaient de la seule région parisienne. La jeunesse était particulièrement représentée parmi les postulants.
Face à une telle qualité de dossiers, le choix s'est révélé difficile. Un jury composé d'élus municipaux et départementaux, ainsi que d'artistes, a procédé à la sélection. La commune prend en charge le logement et la nourriture de l'artiste retenue, faisant de Gurgy l'une des rares communes à proposer ce type de dispositif.
Emyarts, du dessin à la fresque
Formée à l'École Boulle, emyarts a exercé pendant six ans comme designer en haute joaillerie avant de choisir la liberté. Elle rejoint alors des squats d'artistes et s'empare du street art, du format le plus intime au plus monumental, en laissant libre cours à son imaginaire. Paris d'abord, puis d'autres villes, où elle multiplie fresques, ateliers et expositions.

Sa démarche dépasse le simple acte pictural : la fresque devient pour elle un outil de médiation culturelle, une invitation au dialogue entre l'art et les habitants. Elle a notamment laissé sa trace sur un mur de Saint-Raphaël. Elle travaille aujourd'hui principalement au pastel, dans une approche résolument écologique, à l'exception des grandes surfaces qui nécessitent d'autres techniques pour durer plus longtemps.
Première fois dans l'Yonne
Pour Emyarts, c'est une découverte. « C'est reposant, très accueillant », confie-t-elle à propos de son séjour dans l'Yonne. Une halte ressourçante, loin de l'agitation urbaine, qui nourrit sans aucun doute son travail et son regard.
Sarah Milen
