Organisé ce mercredi en centre-ville, le Printemps des seniors & des services à domicile revient pour une deuxième édition enrichie. L’événement vise à informer le grand public, valoriser les métiers du secteur et répondre à un enjeu majeur : accompagner une population vieillissante.
Jérôme Attiave est le responsable d’ AJ service 89, une structure d’aide à domicile à Auxerre, à l’origine du « Printemps des seniors & des services à domicile ». Crédit : AJ service 89
EB. Qu’est-ce qui va changer pour cette nouvelle édition du Printemps des seniors ?
JA. Par rapport à l’an dernier, on a davantage d’exposants et d’institutionnels. La première édition a très bien fonctionné, ce qui a donné envie à d’autres acteurs de nous rejoindre. On a donc ouvert davantage l’événement, avec de nouveaux partenaires comme l’Assurance maladie, France Travail ou encore des structures d’accompagnement. L’idée, c’est d’étoffer progressivement, tout en gardant un format à taille humaine, en centre-ville. On ne veut pas en faire un grand salon classique, mais rester sur quelque chose d’ouvert, accessible, où les gens peuvent venir naturellement, même en se promenant.
EB. À qui s’adresse cette journée ?
JA. Elle s’adresse à tout le monde ! Aux seniors, qu’ils soient autonomes ou en perte d’autonomie, aux jeunes retraités qui se posent des questions, mais aussi aux aidants familiaux et aux personnes en recherche d’emploi. On veut vraiment couvrir l’ensemble des besoins. Il y aura par exemple des informations sur les aides existantes, la retraite, la gestion du budget ou encore la prévention des arnaques. Et puis, on met aussi en avant les métiers du secteur, avec un “mur de l’emploi” et la présence de recruteurs. L’objectif, c’est à la fois d’informer et de créer des passerelles.
EB. Pourquoi avoir fait le choix d’un événement en plein centre-ville, à ciel ouvert ?
JA. Je vais reprendre les mots d’Elisabeth Frasseto : le but c’est d’aller vers. Aujourd’hui, il ne suffit plus d’attendre que le public vienne à nous. Beaucoup de personnes ne se déplacent pas forcément dans des salons dédiés, parfois parce qu’elles ne se sentent pas concernées ou parce que le sujet reste encore tabou. En étant en centre-ville, on touche aussi des passants, des personnes qui n’avaient pas prévu de venir mais qui vont s’arrêter, poser une question, récupérer une information. C’est une autre manière de créer du lien et de sensibiliser, sans imposer.
EB. Le vieillissement de la population est au cœur de cette journée. Comment cela se traduit-il concrètement sur le terrain ?
JA. On le voit très clairement : les demandes d’accompagnement sont en forte hausse. Aujourd’hui, environ 80 % des personnes souhaitent rester à domicile le plus longtemps possible. Avec l’allongement de la vie, les besoins évoluent progressivement : on commence parfois par quelques heures de ménage, puis cela peut aller vers de l’accompagnement aux courses, aux rendez-vous médicaux, jusqu’à une aide plus complète à la personne. Cela suppose une vraie organisation et surtout des moyens humains. À l’échelle nationale, on estime qu’il faudra environ 300 000 professionnels supplémentaires d’ici 2030. C’est un enjeu majeur, à la fois social et économique.
Ethan Bickle
