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Dans les fermes de l’Yonne, le printemps se mange, s’écoute et se respire

Dans les fermes de l’Yonne, le printemps se mange, s’écoute et se respire

Sarah Milen5 mai 2026
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Des ruches de Fouchères aux chèvres de Saint-Bris, huit exploitations ouvrent leurs portes ce printemps. Une invitation à poser les mains dans la terre, à goûter ce qu’on ne trouve pas en supermarché.

Il y a quelque chose de légèrement vertigineux à se retrouver dans un champ de cassis à Pimelles, à l’heure où le soleil de juin commence à chauffer les chemins. Christelle et Damien Piedallu vous expliquent comment les bourgeons finissent en moutarde, en ketchup, en tisane. Vous n’aviez aucune idée que ça existait. Vous repartez avec trois pots et une curiosité neuve pour un fruit que vous ne regardiez plus.

C’est exactement ça, le Printemps à la ferme. Pas un marché de plus, pas une vitrine agro-alimentaire. Plutôt des moments où des agricultrices et des agriculteurs vous reçoivent chez eux, sur leur terrain, dans leur odeur de foin et de lait chaud, et où quelque chose se renoue, discrètement, entre ce qu’on mange et d’où ça vient.

À Saint-Bris-le-Vineux, Claire Genet propose ses balades avec les chèvres dans les collines du vignoble, un troupeau qu’elle connaît une par une, et qui vous regardent avec cette indifférence aristocratique propre aux caprins. La balade se termine autour d’une table, avec un verre de vin local et des fromages qui ont mûri à quelques mètres de là. C’est simple. C’est presque insolent de simplicité.

Plus au nord, dans les collines de Treigny, Emmanuelle Toussaint, les Demoiselles de Manue, ouvre sa ferme le 9 mai pour une après-midi qui ressemble davantage à une fête de village qu’à une journée portes ouvertes : bar à vin éphémère, planches fromagères, food truck, animations pour les enfants. Ses fromages au lait cru, en pyramide, en bûche ou en cœur, ont la densité des choses faites avec soin.

À Domats, les Délices du Metz proposent une après-midi à la ferme le 6 juin : traire les vaches, soigner les veaux, fabriquer le fromage. L’exploitation tourne depuis plus de 70 ans en élevage bovin laitier. Didier, Victor et Bérénice Soccard font visiter comme on montre quelque chose de précieux, parce que ça l’est.

Et puis il y a Christine Busson, à Fouchères, dont les miels ont décroché 26 médailles au Concours Général Agricole. Vingt-six. Elle vous explique les différences entre les floraisons, comment une ruche se lit, pourquoi ce miel-là goûte le tilleul plutôt que l’acacia. On repart avec l’impression d’avoir appris une langue.

Ces rendez-vous existent depuis que le réseau Bienvenue à la ferme a été fondé, en 1988, par des agriculteurs qui voulaient simplement que les gens viennent voir. Voir comment ça pousse, comment ça se fait, comment ça vit. Dans l’Yonne, 48 fermes portent ce label aujourd’hui. Ce printemps, huit d’entre elles vous ouvrent leur porte.

Retrouvez les 48 fermes du réseau

Bienvenue à la ferme Yonne sur le site : www.bienvenue-a-la-ferme.com

Il suffit de franchir le seuil.

Sarah Milen

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