Ouverte en 2024, la Préparation Militaire Marine d’Auxerre est la seule de son genre dans l’Yonne. Dans un territoire où la mer n’est qu’un horizon lointain, ce parcours initie une vingtaine de jeunes à l’univers des forces navales.

La promotion 2025-26 a attiré 23 jeunes icaunais. La PMM porte le nom de Claude Chat, quartier-maître originaire de l’Yonne, tombé pour la France en 1958.
À Auxerre, dans les locaux de l’escadron mobile de la gendarmerie, 23 adolescents passent un examen de fin d’année. Ce jour-là, il n’est pas question d’anglais, de philo ou d’histoire-géo, mais bien de bâbord, hôtel 02-14 et autres questions théoriques utiles à des aspirants militaires. Depuis 2024, la Marine nationale dispense à Auxerre une préparation militaire marine (PMM). Un cycle de découverte à destination d’adolescents intéressés par les forces navales. Pour l’année 2025-2026, durant douze samedis, douze filles et onze garçons âgés de 16 à 21 ans ont participé à cette préparation, encadrés par quatre instructeurs réservistes et un quartier-maître issu de la promotion précédente. Au programme, découvertes des différents métiers de la marine, de l’organisation de la défense, initiation aux grands enjeux, sport, représentation lors de commémorations et stage de cinq jours à Brest au sein d’une base navale. « Le côté découverte n’est pas quelque chose d’anodin. On va quand même dans les détails, on apprend à se repérer dans un bateau, confie le capitaine Sylvain Lehoussel. Il y a l’uniforme, les jeunes répondent aux exigences militaires de rigueur, mais beaucoup viennent aussi pour ça ». Référent dans l’Yonne de la Marine nationale. Cet Auxerrois formé à l’école de Maistrance est revenu sur ses terres natales en 2013, après 26 ans sous les drapeaux. Si l’Yonne paraît éloignée des grandes bases navales, la création en 2024 de la PMM d’Auxerre ne doit rien au hasard. « Il y a plus de 150 adhérents à des associations d’anciens marins. Lorsque la marine a cherché à se développer et a ouvert des PMM (il en existe plus de 80 partout en France), un jeune qui souhaitait découvrir la marine devait se rendre à Dijon, Beaune ou Nevers », raconte le capitaine Lehoussel.
Une jeunesse en quête d'engagement et de valeurs
Sur les dix-neuf élèves de la promotion 2024, sept ont déclaré leur intention de rejoindre la marine à l'issue de leurs études. Un chiffre encourageant pour une première année, d’autant qu’il n’y a aucune obligation d’engagement à l’issue de la PMM. Pour Charlotte, élève de terminale, la difficulté sera de faire un choix : « Vu qu’on a découvert tout un tas de métiers différents, je me dis pourquoi pas aller dans l'aéronautique, pourquoi pas les sous-marins. Les portes sont ouvertes un peu partout, on a vu plein de métiers attrayants ». Désireuse d’intégrer une prépa PCSI, cette élève ne s’engagera pas de suite mais l’idée est bien là : « L’esprit de cohésion est très important, même s’il peut y avoir quelques aspérités, le groupe prime. On l’a vu durant notre séjour à Brest, le fait d'être ensemble pendant cinq jours a renforcé notre cohésion. » « On a une association, il y a les réseaux sociaux, on espère garder contact avec nos jeunes », ajoute le capitaine Lehoussel. En attendant la remise de diplôme et la participation au défilé du 13 juillet pour les élèves d’aujourd’hui, de nouveaux jeunes se sont manifestés pour intégrer la prochaine promotion de la PMM. Les inscriptions pour la session 2026-2027 sont ouvertes.
Arthur Londres
