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À Joigny, des pavés pour faire ressurgir la mémoire des déportés

À Joigny, des pavés pour faire ressurgir la mémoire des déportés

Ethan Bickle27 avril 2026
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Sept pavés de mémoire ont été installés à Joigny pour rappeler le destin de huit habitants victimes du nazisme. Un projet à la fois historique, pédagogique et profondément symbolique, qui inscrit la mémoire au cœur de l’espace public.IMG_1025.HEIC

La biographie de chaque personne honoré par un pavé a été récitée avant de sellé le Stolpersteine dans le sol. Crédit : Ethan Bickle

À Joigny, la mémoire s’écrit désormais dans le sol. Vendredi 24 avril, sept pavés commémoratifs ont été posés dans différents points de la ville, en hommage à huit Joviniens déportés ou tués par les mains des Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Une initiative portée par la municipalité, en lien avec des enseignants et des élèves du lycée Louis-Davier, qui ont activement participé à ce travail de mémoire. Carole Cerri,  enseignante d’art appliqué au lycée Louis davier : « Nous avons choisi de nous engager dans le projet Stolpersteine car il s’agit d’une démarche transversale, à la croisée de l’art contemporain, avec ces pavés imaginés par l’artiste allemand Gunter Demnig et du travail de mémoire, à l’échelle d’un vaste mémorial déployé à travers toute l’Europe. » Concrètement, il s’agit de petits blocs insérés dans le trottoir, devant le dernier domicile connu des victimes. Sur leur surface, une plaque mentionne le nom, la date de naissance et le destin de la personne déportée. À Joigny, ces pierres ont été posées en sept lieux distincts, retraçant autant de parcours brisés par la barbarie nazie. Elles invitent les passants à s’arrêter, à lire, et à se souvenir.


Une mémoire vivante et transmise aux jeunes

Au-delà de l’hommage, le projet se veut aussi pédagogique. Les élèves impliqués ont mené un travail de recherche sur les victimes, reconstituant leur histoire à partir d’archives et de témoignages. Une manière de rendre la mémoire concrète et incarnée, loin des seuls livres d’histoire. Car l’objectif est bien là, transmettre. Chaque pavé agit comme un rappel discret mais puissant, intégré au quotidien des habitants. En marchant dans la rue, chacun peut être confronté à ces fragments d’histoire, à ces vies interrompues.

Financées grâce à des dons et à l’implication de la collectivité, ces installations s’inscrivent dans une démarche citoyenne plus large. Partout en Europe, des milliers de pavés similaires ont déjà été posés, créant un vaste réseau mémoriel à ciel ouvert. À Joigny, cette initiative marque une étape importante dans le travail de mémoire local. Elle rappelle que derrière les chiffres de la déportation se cachent des visages, des noms, et des histoires individuelles. En plus d'Iriène Chiot, sept autres déportés joviniens ont été honoré par leur Stolpersteine : André Sampic, Hélène et Gustave Weil, René Parigot, Sabatia Morand, Roger Varrey et Jean Hémery.IMG_1014.HEIC

La cérémonie a eu lieu le vendredi 24 au lieu du dimanche 26 à cause de l’exercice militaire Orion 26 qui s’est déroulé à Joigny. Crédit : Ethan Bickle

Ethan Bickle

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