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Pascal Jan, un préfet hors norme qui fait bouger les lignes

Pascal Jan, un préfet hors norme qui fait bouger les lignes

Emma MIREDIN25 juillet 2026

C'est toujours un moment impressionnant de se retrouver dans le bureau de celui qui représente l'État dans l'Yonne. Un drapeau européen et un drapeau français plantent le décor.

Le préfet Jan arrivé en est sur le départ. l’homme a un capital sympathie qui rend l'échange simple, c'est d'ailleurs ce qu'il a voulu impulser dès son arrivée à la préfecture. L'homme n'a jamais ressenti de sentiment de solitude, il ne veut pas parler de collaborateurs mais d'équipe. Les décisions collégiales, même s'il sera le seul à en porter les conséquences, auront été sa méthode pendant quatre ans et demi.

Son regard sur le territoire, qu'il connaissait peu, est précis. La crise démographique, dont on parle depuis peu, il l'avait pointée dès son arrivée. Elle aura des conséquences majeures sur les écoles, les retraites, l'emploi, le commerce et surtout l'attractivité !

« Toutes mes actions ont été guidées par un seul maître mot : l'attractivité. »

Cela ne se résume pas uniquement au tourisme. D'ailleurs, la préfecture ne possède pas cette compétence, pourtant Pascal Jan regorge d'idées. L'Yonne a le potentiel pour devenir un département avec sa propre identité, inutile selon lui de regarder en permanence vers Paris ou Dijon.

L'attractivité se niche parfois où on ne l'attend pas, l'enjeu de l'eau en est un exemple criant. « Une commune sans eau, c'est une commune sans habitants. » Peu après son arrivée, un colloque sur l'eau avait mis en évidence la nécessité de mener des actions structurantes afin de préserver cette ressource qui se raréfie. Autre exemple, et pas des moindres : la capacité du territoire à secourir ses concitoyens. Ce fut l'objet du premier forum consacré aux secours, organisé à Auxerre. Pourquoi ? Pour faire prendre conscience du coût des secours, de leur efficacité, et de la possibilité pour chacun de devenir acteur de cet écosystème afin de renforcer son maillage. Une famille qui s'installe sur un territoire regarde souvent cette donnée.

De la prévention à la répression

Côté prévention, l'Yonne voit désormais circuler des dispositifs de sensibilisation dans les rues de ses villes. Cette mesure participe à la réduction des accidents corporels, seul indicateur valable d'après le préfet. « Il nous faut davantage d'indicateurs pour mesurer l'efficacité de l'action publique. » Les refus de priorité étaient complètement passés à la trappe, jusqu'à ce qu'on analyse plus finement les causes des accidents corporels : contre toute attente, ils arrivent en deuxième position.

Désormais, chaque projet structurant a un interlocuteur dédié. Cela permet d'aller plus vite. C'est le cas pour la LiSA (déviation Sud d'Auxerre), les travaux de l'AJA, ou tout projet qui consisterait à regrouper des écoles. L'ancien recteur en profite pour glisser qu'une thématique par établissement a déjà prouvé son efficacité dans d'autres territoires. Classe bilingue, classe scientifique, classe de danse ou de musique : ces thématiques participent à la mixité sociale ainsi qu'à l'attractivité de certains territoires en perte de vitesse.

Enfin, il évoque, sans même avoir besoin qu'on lui pose la question, l'affaire Philippine. C'est l'épisode le plus difficile de ces années passées chez nous.

Pourtant, après une inspection poussée, parfois difficile à vivre pour certains collaborateurs, aucune faute n'a été commise. Il n'était pas en prison, l'État n'avait pas les moyens de le maintenir enfermé. La question que l'on peut se poser est plutôt de savoir si ceux dont la mission est de maintenir l'ordre ont tous les moyens pour réussir leur mission…

Le nouveau préfet, Jean Salomon, prendra la suite. L'occasion pour nous de le rencontrer !

Avant de retrouver les bancs de l'université, Pascal Jan aura aussi trouvé le temps d'écrire. Ses journées, commencées à 3 heures du matin, lui ont permis de rédiger un ouvrage sur la Constitution, La Constitution : La règle et le jeu, à paraître chez Odile Jacob en février 2027. Il ne pouvait, dit-il, en assurer la promotion tant qu'il restait préfet : son départ de la fonction sonne aussi, pour lui, comme le signal de sa sortie en librairie.

Emma MIREDIN

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