Terrains pleins à craquer en soirée, tournois de plus en plus relevés, enfants qui débutent raquette en main… Le padel vit un véritable boom dans l’Yonne. Sport ludique et accessible, il attire un public toujours plus large et s’installe durablement dans le paysage sportif local.
Légende : Sébastien Farias et Cyril Beaudet viennent régulièrement à la Bulle aux prés verts, « jusqu’à 3 fois par semaine ». Crédit : Ethan Bickle
Longtemps perçu comme un simple dérivé du tennis, le padel est en train de s’imposer comme un sport à part entière dans l’Yonne. En quelques années, les terrains se sont multipliés, les tournois montent en gamme et les écoles de jeunes émergent. Un boom porté par sa convivialité… et une accessibilité redoutable.
« C’est un jeu facile à découvrir, convivial, que l’on pratique entre amis, collègues ou en famille », résume Clément Goux, cofondateur de la Bulle aux prés verts. Ouvert il y a bientôt un an, le complexe compte quatre terrains de padel et affiche un pic de fréquentation tous les soirs entre 18h et 21h. « Sur ces créneaux-là, on est pratiquement plein. » La fin de journée concentre l’essentiel de l’activité, avec des joueurs qui viennent décompresser après le travail, souvent avant de prolonger la soirée autour d’un verre.
Un sport simple… mais pas simpliste
Le principe ? Un mix entre tennis et squash, joué obligatoirement en double, sur un terrain de 10 mètres par 20, entouré de vitres et de grillages. Les rebonds sur les parois font pleinement partie du jeu et ajoutent une dimension tactique supplémentaire. « On peut très vite faire des échanges, même sans avoir pratiqué un sport de raquette », explique Dylan Rivière, coach et 1 237e joueur français. « J’ai déjà eu trois générations sur le même terrain ! Le grand-père, la fille et le petit-fils. Tout le monde s’est amusé. »
C’est cette dimension ludique et intergénérationnelle qui séduit. La balle, moins vive qu’au tennis, le terrain plus petit, la moquette synthétique qui amortit les déplacements, tout favorise une prise de plaisir immédiate. En quelques minutes, les échanges s’installent et le jeu devient vivant. Mais derrière cette accessibilité se cache une réelle exigence technique. Lecture des trajectoires après rebond sur vitre, gestion des angles, jeu en équipe et communication permanente : le padel demande finesse et stratégie. « Si on veut progresser, il faut travailler », rappelle le coach, qui enchaîne les cours collectifs et individuels tout au long de l’année.
Des compétiteurs de plus en plus nombreux
La progression est spectaculaire. En France, le nombre de compétiteurs est passé en quelques mois de 50.000 à plus de 100.000. L’Yonne suit le mouvement. À la Bulle aux prés verts, un à deux tournois sont organisés chaque semaine, du P25 au P500. Le club espère accueillir prochainement un P1000, niveau qui attire des joueurs classés parmi les 300 à 400 meilleurs Français.
Même dynamique du côté des clubs historiques. Dylan Rivière propose des stages à chaque vacances scolaires (50 euros la semaine pour 4h30 d’entraînement) et encadre près d’une centaine d’adhérents. Certains jouent cinq à six fois par semaine. Le club a engagé une équipe en championnat régional pour porter ses couleurs.
Légende : Composé de 4 terrains de padel et 4 de squash, la Bulle aux prés verts a ouvert ses portes en avril 2025. Crédit : Ethan Bickle
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