Porté par un succès grandissant, le padel ne se contente plus d’attirer les amateurs. La discipline cherche à s’installer sur le long terme dans le paysage icaunais.
Légende : Dylan Rivière est également prof de tennis pour le club de Migennes. Crédit : Ethan Bickle
Le véritable enjeu désormais c’est de former les jeunes et structurer la discipline sur le long terme. « Il faut que ça devienne un sport à part entière », insiste Dylan Rivière. Car si le padel attire aujourd’hui beaucoup d’anciens tennismen en reconversion, le défi est ailleurs, créer une génération qui débute directement raquette de padel en main.
Dans l’Yonne, une dizaine d’enfants suivent déjà des cours hebdomadaires, répartis en plusieurs groupes selon l’âge. Certains ont moins de dix ans. « L’idée, c’est qu’ils prennent tout de suite les bonnes habitudes techniques et tactiques », explique le coach. Contrairement aux adultes venus d’autres sports, ces jeunes n’ont pas à « désapprendre » certains réflexes du tennis. À terme, cela pourrait permettre au département de faire émerger des profils plus compétitifs.
Au-delà du sport, un véritable lieu de vie
Mais le succès du padel ne repose pas uniquement sur la formation. Il tient aussi à son modèle hybride, à mi-chemin entre complexe sportif et espace de convivialité. À la Bulle au Pré Vert, les terrains côtoient un espace bar-restauration où l’on vient prolonger la partie autour d’une planche de charcuterie, d’une pizza ou d’un verre. Des animations et concerts sont organisés le week-end, attirant un public parfois non sportif. « On peut très bien venir ici sans jouer », rappelle Clément Goux. L’établissement revendique cette ouverture, faire du padel un prétexte à la rencontre.
Les entreprises ne s’y trompent pas. De plus en plus nombreuses, elles privatisent les installations pour des journées de cohésion mêlant réunion le matin, déjeuner sur place et tournois l’après-midi. Sport accessible, convivial et désormais compétitif, le padel coche ainsi toutes les cases d’un phénomène durable. Reste à savoir jusqu’où ira la vague. « Dans d’autres pays, ça se stabilise », observe Dylan Rivière. « Mais en France, on a encore de belles années devant nous. » Dans l’Yonne, en tout cas, la dynamique semble bien engagée.
Ethan Bickle

