
Les championnats de l'Yonne de natation se tiennent ce week-end au centre nautique d'Auxerre. 132 nageurs en lice, un chiffre en léger repli. Mais derrière les statistiques, c'est une génération qui bouscule les habitudes des clubs.
C'est la grand-messe annuelle de la natation dans l'Yonne. Ce samedi 6 et ce dimanche 7 juin, le bassin extérieur du centre nautique d'Auxerre accueille les championnats départementaux d'été. Au total, 132 nageurs sont attendus sur les plots de départ. Un chiffre en léger repli par rapport à l'édition 2025, qui confirme une tendance de fond.
Le point de bascule se situe à l'entrée au lycée. Éric Pourantru, ancien président du club de Tonnerre et chargé de communication au sein du comité départemental, l'observe chaque saison. Le passage de la catégorie U16 à U18 s'avère particulièrement délicat : les clubs perdent une part significative de leurs effectifs dès l'arrivée au lycée, un phénomène qui s'est accentué ces dernières années, là où il ne se manifestait autrefois qu'à l'entrée dans l'enseignement supérieur.
Ce constat n'est pas propre à l'Yonne, mais il pousse les entraîneurs à repenser leurs méthodes. Moins de temps dans l'eau, plus d'efficacité : l'équation est connue, sa résolution l'est moins. Thomas Pinel, coach à l'Auxerre Aquatic Club, a fait le choix d'une approche volontariste. Il considère que c'est aux entraîneurs de s'adapter, en privilégiant le travail de vitesse au détriment des longues distances, et en optimisant chaque séance pour permettre aux nageurs de progresser et de rester compétitifs malgré une présence réduite dans les bassins.
L'Auxerrois s'appuie sur l'Académie de la natation, un programme fédéral qui séduit aussi dans le nord du département. Jacques Dunam, président du club de Saint-Florentin, en a fait sa feuille de route. Sa conviction : la progression passe soit par le volume, soit par la qualité. Faute de pouvoir miser sur le premier levier, il mise sur le second, en ciblant précisément ce qui freine les nageurs pour lever les résistances et gagner en vitesse.
Une philosophie qui résume à elle seule le virage de la natation icaunaise. Moins de kilomètres avalés, mais des séances chirurgicales. Moins de nageurs dans les bassins, mais des clubs qui se réinventent pour les garder. Les championnats de ce week-end diront si la méthode paie. Une chose est sûre : la natation dans l'Yonne n'a pas dit son dernier mot.
Clément Vasseur

