Élu à la majorité absolue (45 voix) à la présidence de la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, Mathieu Debain affiche une ambition claire : fédérer les communes et construire une identité territoriale forte.
Arminda Guiblain, maire de Monéteau et 1ère adjointe à la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, Laurine Zeimer, élue de la ville d’Auxerre, secrétaire de la séance, et Mathieu Debain, maire d’Auxerre et Président de la communauté d’agglomération de l’Auxerrois. Crédit : Ethan Bickle
Seul candidat à la présidence, Mathieu Debain a été élu président de la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, sans surprise, avec 45 voix pour, face à 17 bulletins blancs ou nuls et une voix isolée pour Francis Heurley, maire de Quenne, pourtant non candidat.
Dès sa prise de fonction, le maire d’Auxerre a insisté sur son positionnement : « Je suis un rassembleur ». Fort de son expérience d’élu rural (à Vallan), il entend porter la voix des petites communes, rappelant la nécessité « de faire beaucoup avec parfois très peu ». Dans cette optique, il souhaite renforcer le rôle de l’agglomération comme soutien direct aux territoires, notamment à travers un fonds dédié de 30.000 € par commune et la création d’une vice-présidence spécifiquement tournée vers les communes.
Face à lui, l’opposition, incarnée notamment par Mani Cambefort, n’a pas manqué de pointer une certaine continuité avec l’ère précédente en citant le film, Le guépard : « Il faut que tout change pour que presque rien ne change », a-t-il ironisé, évoquant la reconduction de certaines figures et orientations. Une critique à laquelle Mathieu Debain a répondu en promettant un fonctionnement ouvert : « On fera tout pour que l’opposition travaille dans de bonnes conditions ».
Des priorités concrètes pour un territoire à fédérer
La nouvelle gouvernance s’articule autour de douze vice-présidents, dont Arminda Guiblain, maire de Monéteau, chargée de la santé, du numérique et de la communication ou encore Christian Bruneaud, maire de Saint-Georges-sur-Baulche, chargé des finances et de la prospective. Un équilibre qui se veut représentatif des territoires et des compétences.
Parmi les dossiers à venir figurent également la création d’une ressourcerie, le développement touristique, ou encore la question d’une police intercommunale, qui reste à l’étude. Autant de chantiers qui devront concrétiser l’ambition affichée : « faire progresser et briller notre territoire ».
Un défi de taille pour Mathieu Debain, bien décidé à inscrire son mandat dans l’action… et dans le collectif.
Au-delà de l’élection, la nouvelle gouvernance a rapidement esquissé ses priorités. La santé apparaît comme un enjeu majeur, avec la volonté d’accompagner l’installation de professionnels sur le territoire. Le logement, l’aménagement et la coopération avec les territoires voisins figurent également en tête des préoccupations. Mathieu Debain insiste aussi sur la nécessité de construire une identité commune : « Un projet local doit devenir un projet commun ». Pour cela, il mise sur la concertation et annonce un « Tour de l’Auxerrois » afin d’aller à la rencontre des 28 communes qui compose la communauté d’agglomération. « On ne peut diriger un territoire que si on le connaît vraiment », affirme-t-il.
Ethan Bickle
