
@cbarratier
Pour la troisième fois en trois ans, Mailly-le-Château se transforme en décor de cinéma. Christophe Barratier y tourne depuis le 8 juin la suite des Enfants de la Résistance, avec Gérard Jugnot et Artus.
Depuis lundi, ça sent la naphtaline dans les rues de Mailly-le-Château. Le bourg de 500 âmes, perché sur sa falaise qui domine l'Yonne, a troqué son visage du XXIe siècle contre celui des années 1940. Une menuiserie à la devanture patinée, des affiches de rationnement sur les murs de pierre, un drapeau nazi au fronton de la mairie — pour les besoins du film. La place centrale est devenue un plateau à ciel ouvert.
Un tournage, ici, c'est une habitude. Le premier volet des Enfants de la Résistance y avait déjà été tourné en 2024, puis Éric Barbier posait ses caméras en 2025 pour Justin le Juste. « On est Maillywood », sourit Géraldine Micaud, élue maire en mars dernier.
Les villageois en vedette
Dominique Perreau, 74 ans, a prêté l'ancien café familial à la production. Fermé depuis vingt ans, il a retrouvé son allure d'époque : peinture jaunie, tables chinées, vitrines en faux bois. « Ils ont patiné les murs pour donner un rendu comme pendant la guerre », raconte-t-elle. L'ancien maire Jean-Michel Godefroy, lui, en est à son troisième film comme figurant.
Pourquoi ce village ?
« Mailly-le-Château, c'est tout un symbole de liberté », répond la maire. Au-delà du symbole, le village offre un écrin préservé où l'architecture du début du siècle respire encore. Pour Christophe Barratier, réalisateur des Choristes, le décor était tout trouvé.
Attirer une production d'envergure nationale n'est pas qu'une fierté. Hébergements, restauration, main-d'œuvre locale : le tissu économique du village profite de l'effervescence, le temps d'un tournage. Le premier volet est sorti en février dernier. La suite est attendue pour 2027. D'ici là, Mailly-le-Château aura remisé ses décors. Mais pas son surnom. À Maillywood, le générique n'est jamais vraiment le dernier.
Clara Varenne

