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Le Jura en mode grand sprint

Le Jura en mode grand sprint

Ethan Bickle17 avril 2026
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Trois jours de course, des champions à la pelle et une ambiance bon enfant, le championnat de France de ski nordique a offert un condensé de sport… et de bonne humeur. Un rendez-vous aussi intense sur la neige que chaleureux en bord de piste.IMG_2845.jpeg

Éric Perrot, célébrant son dernier tir qui lui fait gagner la mass start du championnat de France de Ski Nordique. Crédit : Ethan Bickle

Aux Tuffes, fin mars, il fallait avoir le sens du timing… ou de bonnes chaussures. Pas le temps de traîner : les épreuves s’enchaînaient, les athlètes défilaient et les spectateurs couraient presque autant que les compétiteurs pour ne rien rater. Ski de fond, biathlon, saut à ski, combiné nordique : en trois jours, tout le nordique français s’est donné rendez-vous dans le Jura. Au total, plus d’une vingtaine de titres de champions de France ont été distribués. Un vrai festival, avec près de six courses par jour. Autant dire que les cloches des supporters n’ont pas beaucoup eu le temps de refroidir. D’autant que le niveau était relevé : organisés juste après les Jeux olympiques d’hiver, ces championnats ont attiré plusieurs têtes d’affiche du ski tricolore, venues prolonger la saison… sans lever le pied. « On est venu pour redonner aux supporters tout ce qu’ils nous ont donné durant toute la saison », confie Lou Jeanmonnot après sa mass start.

Mais ici, le spectacle ne se limite pas aux champions. Car sur les pistes, les jeunes espoirs n’ont pas attendu leur tour pour se montrer. Entre les favoris qui assurent et les outsiders qui bousculent la hiérarchie, le scénario change à chaque course. De quoi tenir le public en haleine, malgré des températures parfois fraîches. Et du public, il y en avait. Tout au long du week-end, plusieurs milliers de curieux et de passionnés ont arpenté le site, emmitouflés mais motivés.

Le nordique, une affaire de famille

Car au-delà de la compétition, c’est une certaine idée du sport qui se joue aux Tuffes. Ici, pas de barrières infranchissables ni de tribunes VIP à perte de vue. Le ski nordique cultive une proximité rare, presque intime, entre les athlètes et leur public. Sur le bord des pistes, les clubs ont sorti les doudounes aux couleurs de leur région. On se reconnaît, on s’interpelle, on encourage “les petits” comme les champions confirmés. Entre deux passages, les enfants glissent sur les côtés, imitent leurs idoles ou demandent une photo, parfois même un autographe, à des athlètes encore essoufflés.

« Ce qui est génial, c’est que tout le monde se mélange », raconte Julien, venu avec ses deux fils. « Les champions, on peut les voir de près, leur parler. Pour les enfants, c’est hyper motivant. »

Dans cette ambiance, la performance reste centrale, mais elle n’écrase pas tout. Le nordique garde ce côté accessible, presque familial, où l’on vient autant pour vibrer que pour partager un moment dehors. Un café chaud à la main, une cloche dans l’autre, et les yeux rivés sur la piste.

Et c’est peut-être là que réside le vrai succès de ces championnats. Au-delà des titres et des chronos, ils racontent une autre histoire. Celle d’un sport exigeant mais accueillant, où la relève grandit au contact des meilleurs, et où chacun, à sa manière, trouve sa place dans la trace.IMG_2963.jpeg

Mathis Desloges et Hugo Lapalus au début de la mass start ski de fond du championnat de France de ski Nordique. Crédit : Ethan Bickle

Ethan Bickle

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