Depuis 2020, l’association de quartier de la porte d’Égleny gère un petit jardin partagé. Une initiative collective qui favorise la biodiversité et permet à chacun de planter des légumes.

Situé au pied de la cité Gouré, le potager citoyen est géré par les habitants. Crédit Association porte d'Égleny
« Il y a un ver de terre ! », crie un enfant qui gratouille le sol, heureux de sa découverte. Ce jour-là, quelques bénévoles du jardin partagé accueillent une classe de CE1 de l’école Sainte-Marie. Au programme : découverte du jardin et plantation d’une haie champêtre par les enfants. « C’est de plus en plus important de sortir les élèves dans la nature. Ça a pas mal de bienfaits, les enfants ne sont pas sur les écrans, ils sont en contact avec la terre, lâche Angéline Dusserre, professeure des écoles. C’est l’occasion de leur faire connaître les essences d’arbustes, les fleurs. C’est dès le plus jeune âge qu’on éduque à l’environnement. »
Créé en 2020 par l’association de quartier de la porte d’Égleny sur une pelouse non utilisée, « à part pour les crottes de chiens ». Le jardin partagé répond à une problématique simple : le manque de potagers dans un quartier situé en plein cœur de ville. « Je me suis installé à Auxerre en août. Dans mon ancienne maison, j’avais un jardin, mais plus depuis que je suis en appartement, témoigne Judith, fraîchement arrivée à Auxerre. Pour moi, c’est un grand plaisir d’avoir les mains dans la terre. » « On voulait sensibiliser ceux qui voulaient l'être (habitants, écoles) au principe de planter des légumes en saison », ajoute Valentin Andry. Gants vissés sur les mains, le conseiller municipal d’opposition à la ville d’Auxerre est l’un des jardiniers bénévoles qui fait vivre cette initiative.

Une élève arrose une plante fraîchement plantée. Crédit Association porte d'Égleny
Douze tonnes de biodéchets transformés en engrais naturel
L’espace est clôturé, jonché de fleurs, plantes aromatiques et arbustes fruitiers, tandis qu’au centre, des légumes de saison sont plantés dans le potager. En six ans, l’espace s’est bien développé, à l’image d’un eucalyptus, haut de plusieurs mètres aujourd’hui, planté en 2020, initialement plus bas que la clôture. « On a énormément de dons de voisins ou bien des arbustes jetés par les grandes surfaces qu’on a récupérés », ajoute Valentin Andry. Créée avec le soutien du syndicat des déchets, l'initiative porte une attention particulière sur l’utilisation des ressources. Pas de phyto ni d’engrais industriels mais du compost pour enrichir la terre. Un compost collectif enrichi par une vingtaine d'habitants, soucieux du tri des poubelles : « Les épluchures, les œufs… les biodéchets, c’est environ 30 % d’une poubelle, précise Valentin Andry. En six ans, on a évalué à un peu plus de 12 tonnes de biodéchets qui n’ont pas été dans les poubelles et qui permettent de nourrir le jardin, c’est un engrais naturel. On met de la paille dans le compost collectif pour équilibrer le taux d’azote et après, c’est les vers de terre qui font le taf ».
Arthur Londres
