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Guédelon, le château qui n'en finit pas de naître

Guédelon, le château qui n'en finit pas de naître

Sarah Milen29 mars 2026

Dans une forêt de Puisaye, des hommes et des femmes bâtissent un château fort. Pas en miniature, pas en reconstitution numérique, en vrai. Pierre par pierre, siècle par siècle. Et chaque printemps, l'aventure reprend.

Il faut avoir vu Guédelon une fois pour comprendre ce que le mot « chantier » signifiait au XIIIe siècle. Le bruit des marteaux sur la pierre. La poussière blanche dans l'air. Les gestes lents et précis des tailleurs, identiques à ceux de leurs ancêtres médiévaux. Ici, rien n'est reconstitué, tout est construit.

La saison 2026 franchit un seuil

Le 2 avril, le site de Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe rouvre ses portes pour une nouvelle saison. Et cette année marque une étape : pour la première fois, les visiteurs pourront accéder à la salle de la herse, espace stratégique du château philippien, et surtout faire le tour complet de l'enceinte grâce à la jonction des chemins de ronde est et nord.

Pendant ce temps, les menuisiers s'attaquent à un chantier inédit : le lambrissage de chêne de la chambre du logis, selon des techniques du XIIIe siècle reconstituées pas à pas. Charpentiers, fendeurs, lambrisseurs, et les forgerons, qui devront fabriquer à la main les 2 000 clous nécessaires à la fixation des lambris. Deux mille clous. Forgés un par un.

Un voyage qui se mérite

Guédelon ne se visite pas en courant. C'est un endroit qui réclame du temps, de l'attention, la patience d'observer un œuvrier tailler un moellon ou mélanger un mortier à la chaux. En échange, il offre quelque chose de rare : le sentiment physique de comprendre comment les hommes construisaient leur monde.

Dans l'Yonne, on a l'habitude des pierres anciennes. Ici, on les regarde naître.

Sarah Milen

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