Alors que les prix à la pompe restent élevés sous l’effet des tensions géopolitiques, les résultats financiers de TotalEnergies explosent. Une situation qui ravive le débat sur les « superprofits » et le partage de l’effort entre consommateurs et géants pétroliers.
Le prix de l’essence à un peu baisser mais pas significativement depuis la réouverture du détroit d’Ormuz. Crédit photo d’illustration : FreePik
Depuis deux mois, la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient se répercute directement sur le portefeuille des automobilistes français. Le prix du baril a ainsi atteint des niveaux très élevés, tiré par les tensions sur l’approvisionnement et les perturbations dans la région. Résultat ? Le prix du litre de gazole est monté jusqu’à 2.5€ dans certaines stations essence, le Sans plomb quant à lui, plafonnait à 2.2€ le litre. Une hausse que subissent de plein fouet les ménages français, déjà fragilisés par l’inflation. L’Europe, fortement dépendante des importations d’énergie, est particulièrement exposée à ces chocs géopolitiques.
Dans ce contexte, chaque crise internationale se traduit presque mécaniquement par une hausse du coût du carburant. Et pour de nombreux Français, se déplacer devient une charge de plus en plus difficile à absorber. Selon le dernier relevé national de la consommation de carburant, réalisé par le Comité professionnel du pétrole (CPDP), la consommation de gazole était en baisse de 18,55% sur ces dernières semaines. Malgré ça, TotalEnergies augmente ses résultats.
Des bénéfices records pour TotalEnergies, dopés par la crise
Dans le même temps, les résultats financiers du groupe français interrogent. Au premier trimestre 2026, TotalEnergies a enregistré un bénéfice net proche de 5,8 milliards de dollars, en hausse d’environ 50 % sur un an. Une performance directement liée à la hausse des prix des hydrocarbures, elle-même conséquence du conflit international. Le groupe assume d’ailleurs sa capacité à « capter » cette hausse des prix du marché.
Ce décalage entre profits records et pouvoir d’achat sous tension relance les critiques politiques et sociales. Déjà en 2022, la question des « superprofits » avait conduit à la mise en place de taxes exceptionnelles. Aujourd’hui, avec une nouvelle envolée des bénéfices, le débat pourrait revenir sur le devant de la scène. Car pour beaucoup, la situation pose une question simple : comment justifier que la guerre renchérisse le quotidien des Français, tout en gonflant les profits d’un des plus grands groupes énergétiques mondiaux ?
Ethan Bickle
