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Foncier industriel : la Bourgogne-Franche-Comté passe à l'offensive

Foncier industriel : la Bourgogne-Franche-Comté passe à l'offensive

Sarah Milen5 juin 2026

Réunis à Poligny ce jeudi 5 juin, la Région et la Banque des Territoires ont signé une convention cadre pour mieux valoriser le foncier économique régional. Un accord stratégique dans un contexte de réindustrialisation contrariée par la raréfaction des terrains disponibles.

Le constat est connu, mais il prend une acuité nouvelle. La Bourgogne-Franche-Comté dispose de 900 hectares de foncier économique viabilisé et disponible, une surface en apparence conséquente, mais dispersée sur l'ensemble du territoire et souvent inadaptée aux exigences des industriels d'aujourd'hui. Insuffisante, surtout, pour tenir le rythme d'une réindustrialisation que la région appelle de ses vœux.

La loi Climat et Résilience complique encore l'équation : avec l'objectif de zéro artificialisation nette (ZAN), il ne sera plus possible d'ouvrir de nouveaux terrains pour compenser les lacunes de l'offre existante. La région doit faire mieux avec ce qu'elle a.

C'est l'objet de la convention signée ce jour par Jérôme Durain, président du Conseil régional, et Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires. Le partenariat s'organise en deux volets : d'un côté, la Banque co-financera les études préalables à la qualification des sites industriels, diagnostics fonciers, études de faisabilité, analyses de risques. De l'autre, elle apportera son ingénierie aux sites régionaux écartés du dispositif national « Sites clés en main France 2030 », dont la sélectivité laisse sur le bord du chemin de nombreux territoires ruraux ou bassins en mutation.

À plus long terme, la Région envisage la création d'un label régional des grands sites productifs, pour identifier et promouvoir les zones à fort potentiel industriel, en complément des outils nationaux. La maîtrise foncière en amont, en lien avec les intercommunalités, est également dans les tuyaux.

« Une région qui ne maîtrise pas son foncier économique subit ses implantations plutôt que de les choisir », résume Jérôme Durain. La formule dit bien l'ambition : reprendre la main sur l'attractivité du territoire, face à une concurrence interrégionale qui ne faiblit pas.

Sarah Milen

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