
Il y a des saisons qui se construisent dans l'ombre et explosent à la lumière. Celle du Phénix Héry-Moneteau est de celles-là. Premiers de bout en bout, les joueurs et leur coach ont écrit une page rare du basket icaunais. Retour sur une aventure forgée dans la régularité et le caractère.
Le déclic
C'est à Chenove que quelque chose se met en place. Premier match retour, situation favorable, un break qui dit déjà beaucoup sur l'état d'esprit du groupe. Selesta sera compliqué, le coach ne le cache pas. Mais passé. Le ton est donné, et il ne changera plus.
Un groupe au sommet
Numéro un toute la saison. Pas une formule, un fait. L'effectif a rajeuni, deux ou trois jeunes très ambitieux ont insufflé quelque chose de nouveau dans le collectif. Un bilan supérieur à l'année précédente, une résilience que l'on sent dans chaque match, dans chaque moment de doute traversé ensemble.

L'heure la plus sombre
Puis vient le coup dur. Une sanction frappe le club. Un blessé. Deux joueurs suspendus. Une défaite à Mâcon, difficile à encaisser. Le retour au vestiaire ce soir-là est pesant. Mais de ces moments-là naissent parfois les convictions les plus solides. «Longueur, qualité. À mon image.» Trois mots. Un cap.
L'explosion
À Riedisheim, la certitude commence à s'installer. Presque sûrs. Gros coup. Puis la confirmation arrive à domicile, devant les leurs. Premiers du premier au dernier jour, très bien reçus partout où ils ont posé leurs valises. «L'exaltation.» C'est le mot qu'il choisit. Il suffit.
Et maintenant la N2
Le coach pose les choses clairement. «À ce niveau, nous ne sommes pas le club d'une ville mais plutôt d'un département.» Une identité assumée, revendiquée. «Dans l'Yonne on manque encore un peu de culture basket, mais nous sentons que cela commence à venir.» La dynamique est là, portée par des hommes qui y croient. «C'est exceptionnel et c'est grâce à la volonté sans faille des dirigeants du club.»
Sportivement, tout est allé très vite. Trop vite, peut-être, pour le reste. «Le plus dur est désormais de structurer le club pour le haut niveau.» Y compris pour les filles, qui montent elles aussi en Nationale 3. Le Phénix vole sur toutes ses ailes. Et l'Yonne commence à regarder le basket autrement.

Sarah Milen
