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Enzo Lucia, artisan photographe

Enzo Lucia, artisan photographe

Arthur Londres27 février 2026

Du 19 au 21 février, le photographe Enzo Lucia était de passage à l’Abbaye St-Germain avec son studio ambulant. Durant trois jours, le trentenaire a présenté son travail et photographié des dizaines de curieux avec un appareil d’un autre temps, le Collodion humide.

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Enzo Lucia et son collodion humide était de passage à l’Abbaye St-Germain

Longtemps réservée aux professionnels, la photographie s’est démocratisée depuis plusieurs décennies au point d'être devenue un outil presque banal du quotidien. Originaire de Chalon-sur-Saône, Enzo Lucia est un pur autodidacte, vendeur dans une boutique de skateboard, il décide de faire de sa passion pour la photographie, son métier il y a 12 ans. Mais Enzo Lucia n’utilise pas n’importe quel appareil. Le photographe de 31 ans ne jure que par une pièce de musée, le Collodion Humide. Un appareil photo naît au milieu du 19e siècle. Ici, pas de pellicule ou de carte sim. La plaque doit rester humide tout au long du procédé et le photographe n’a qu’une fenêtre de 10 à 15 minutes pour couler la première chimie, faire la prise de vue, revenir à mon laboratoire et la développer. « Faut savoir fabriquer sa chimie, comme il y a 170 ans. Pour ça je me fournis en sel d’argent, liquide, alcools dans les pharmacies. Le collodion humide est une technique extrêmement rare, on est vraiment plus beaucoup dans le monde à savoir la manipuler ». 

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À gauche, le laboratoire portable d’Enzo Lucia où le chalonnais développe ses clichés.

Depuis 8 ans, le chalonnais n’utilise que le Collodion Humide. De l’impression de la photo à la réparation de l’appareil, Enzo Lucia fait tout, tout seul, comme un artisan, du fait de la rareté de la technique. Pour se former, le trentenaire a tout appris dans un vieux manuel publié en 1874, La photographie en Amérique. Dans un premier temps, le photographe s’est fait connaître en parcourant la France entière avec son appareil. « Y’a une démarche qui me tient à cœur, ramener cette tradition de se faire tirer le portrait. Et il y a un vrai intérêt car on remet en place une tradition avec la technique qui l’a lancée ». Installé à Chalon, Lucia forme deux à trois personnes chaque année à cette technique rarissime, et voyage le reste du temps pour photographier l’Europe entière et faire découvrir son travail. Suivi par plus de 30k personnes sur instagram, son passage à l’abbaye St-Germain a rencontré son succès. Chaque matin, des groupes d’une quinzaine de personnes sont venus découvrir la technique tandis que l’après-midi, les séances photos affichaient complet.

Arthur Londres

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