
Pour le garage Peugeot Nomblot, les ventes de véhicules électriques ont augmenté d’environ 25% depuis début février. Crédit image : Kindel Media
Avec l’augmentation des prix à la pompe, de plus en plus de français se tournent vers des véhicules 100 % électriques. Si pour certains ce choix est écologique, d’autres considèrent l'électrique comme un choix économique, bon pour le portefeuille…
Des files d'attente interminables, des prix du carburant qui flambent, fluctuent à vue d'œil, voilà les raisons qui poussent de plus en plus d’utilisateurs de véhicules thermiques à passer à l'électrique. Pour le garage Nomblot à Auxerre, l’impact de cette énième crise énergétique s’est mesuré en quelques semaines avec une augmentation d’environ 25 % des ventes de véhicules électriques. « Les personnes se posent des questions et commencent vraiment à compter leur coût total d’utilisation en prenant en compte le prix du carburant, comparé à ce que peut coûter l'électrique dans sa globalité, observe Laura Georgens, cheffe des ventes chez Peugeot Nomblot. « Hier on a eu un client qui nous a dit : “Je paye 250 euros de carburants par mois.” Aujourd'hui on est capable de proposer des véhicules à ce prix-là, sachant que l'électricité coûte moins cher, forcément ça fait réfléchir. »
Les pouvoirs publics boostent l'électrique
Selon EDF Particulier, le coût de recharge d’une voiture électrique pour 100 km tourne autour de 2 €21 contre 9 €90 pour les voitures thermiques. Une différence qui invite certains utilisateurs à prendre en compte ce facteur dans l’achat de leur véhicule. En France, le nombre total de véhicules électriques reste mineur comparé au thermique (selon les données publiées par Roole Data en mai 2025, seulement 3,1 % des près de 40 millions de voitures en circulation en France étaient électriques). Cependant, les pourcentages sont tout autres quand il s’agit de la vente de voitures où l’électrique occupe le niveau record de 28,1 % des parts de marché, en augmentation de 1,7 point selon les données statistiques du ministère de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique publiées le 3 avril 2026. Si des freins perdurent comme l’autonomie jugée insuffisante pour les gros rouleurs ou le prix d’achat difficile à soutenir pour les foyers les plus modestes, l'arrivée sur le marché de véhicule d’occasion et l’action des pouvoirs publics tendent à favoriser la démocratisation des véhicules électriques. Le gouvernement Lecornu souhaite profiter du conflit irano-américain pour que la France accélère sa sortie “de la dépendance aux énergies fossiles”. Un plan de 10 milliards d’euros par an jusqu’à 2030 pour renforcer l'électrification du pays vient d'être annoncé ce vendredi 10 avril. Parmi les mesures marquantes pour le marché de l’automobile, un bonus écologique qui passerait au maximum de 5 700 à 9 500 euros ou encore l’augmentation du leasing social avec 50 000 véhicules de plus à la location dès juillet 2026. Maud Brégeon, ministre déléguée à l'Énergie, a précisé dans les colonnes de Ouest-France que le leasing social s’adresserait aux foyers les plus modestes ayant un revenu inférieur à 2 200 euros par mois, avec des mensualités allant de 100 à 200 euros. Suffisant pour encourager les ménages modestes à sauter le pas ? Les résultats de cette politique seront scrutés. En attendant, si sur les routes, l'électrique ne domine pas encore les débats, la dynamique est de son côté.
Arthur Londres
