Entre Paris et l’Yonne, Emma Politi construit un projet musical singulier, nourri par son ancrage local. Finaliste régionale du Buzz Booster, la jeune artiste poursuit son ascension avec un premier album en préparation.
Emma Politi est actuellement à Macon (71), en résidence à La Cave à musique. Crédit : Michel Petit
Si elle a grandi à Paris, c’est bien dans l’Yonne qu’Emma Politi a trouvé un terrain fertile pour faire éclore son projet musical. Installée plusieurs années dans le département, elle choisit rapidement de s’y investir pleinement, loin de l’effervescence parisienne. Au Le Silex, elle multiplie les résidences, affine son univers et tisse ses premiers liens professionnels. « J’avais envie de construire quelque chose ici », confie-t-elle. Une démarche payante, dans un environnement moins saturé que la capitale, la jeune artiste bénéficie d’un accompagnement qu’elle juge « plus humain, plus attentif ».
Entre Auxerre et les scènes de Bourgogne-Franche-Comté, Emma Politi développe peu à peu son réseau. Une structure de booking régionale la repère et l’accompagne désormais dans l’organisation de ses concerts. Résultat ? Une cinquantaine de dates déjà à son actif, principalement sur le territoire. Même si elle vit aujourd’hui de nouveau à Paris, l’artiste reste très attachée à l’Yonne, où elle revient régulièrement créer. Elle y trouve un cadre propice au travail, notamment dans un lieu artistique porté par sa mère, dédié aux expositions et aux spectacles. Un ancrage local qu’elle revendique pleinement : « Ici, j’ai vraiment pu faire grandir mon projet. »
Une artiste autodidacte en route vers le Buzz Booster
Côté musique, Emma Politi avance en autodidacte. Après des débuts à la trompette au conservatoire, elle bifurque vers la guitare pour accompagner sa voix, avant de se lancer très vite dans l’écriture et la composition. Aujourd’hui, elle construit ses morceaux seule, à l’aide de logiciels et de synthétiseurs capables d’imiter des instruments. Un choix assumé, qui lui permet de garder une totale liberté artistique. « Je compose tout moi-même, puis je travaille avec d’autres en studio pour finaliser. » Sur scène, elle s’entoure toutefois d’un percussionniste pour donner une dimension plus organique à ses concerts. Un format qu’elle peaufine actuellement en vue de son passage au Buzz Booster, dispositif national de repérage et d’accompagnement des artistes émergents dans les musiques actuelles.
Sélectionnée à l’échelle régionale, Emma Politi doit défendre son projet lors d’une prestation de 20 minutes, où tout se joue. « Il faut réussir à montrer l’univers, l’énergie et le potentiel en très peu de temps », explique-t-elle. Un exercice exigeant, qui pourrait lui ouvrir les portes d’un accompagnement national. En parallèle, la jeune artiste prépare la sortie de son premier album, prévue en juin. Une étape clé pour celle qui, malgré les incertitudes du métier, assume pleinement son choix de vie. « C’est des sacrifices, mais surtout beaucoup de bonheur. »
Emma Politi et son olivier, planté pour ses 20 ans chez sa mère, à Tronchoy. Crédit : Ethan Bickle
Ethan Bickle
