
Chaque fin de juin, le Parc de l'Arbre Sec à Auxerre devient le théâtre du Catalpa Festival. Né en 2012, l'événement fête en 2026 sa 13e édition, les 26 et 27 juin, avec à l'affiche Étienne de Crécy, Lilly Wood and the Prick ou Altın Gün. Sa marque de fabrique : une entrée entièrement gratuite, qui attire des milliers de spectateurs.
Culturellement, un festival comme celui-ci dépasse la simple programmation : il démocratise l'accès à la musique, dynamise l'économie locale et façonne l'identité d'une ville bien après le démontage des scènes.
Mais cette gratuité est de plus en plus difficile à tenir. Le format a déjà dû se réduire : longtemps organisé sur trois jours, le festival est passé à deux jours en 2025, après une édition 2024 blanche, faute de budget suffisant dans un contexte d'inflation des coûts logistiques liée aux Jeux olympiques de Paris. Depuis 2012, l'événement a aussi connu deux autres annulations, en 2016 (inondation) et 2020 (Covid).
Le financement repose à environ 60 % sur des fonds publics (Ville d'Auxerre, collectivités), le reste provenant de partenaires privés, de mécènes et des recettes propres générées sur place : stands de restauration et, surtout, buvettes. Ce modèle hybride permet de payer la programmation, la sécurité et la logistique sans faire peser le coût sur le public, mais il reste structurellement fragile, car une bonne partie de l'équilibre dépend de recettes non garanties d'avance.
L'édition 2026 illustre bien ce défi : une alerte canicule a entraîné une interdiction de vente d'alcool sur le site, ce qui représenterait un manque à gagner pouvant atteindre 150 000 euros, selon les organisateurs. Pour s'adapter, le festival a décalé ses horaires afin d'éviter les pires chaleurs, et mise sur des boissons sans alcool (bières et vins désalcoolisés, softs) pour limiter l'impact sur ses recettes.
Cette capacité d'adaptation est justement ce qui permet au Catalpa de durer depuis 2012, malgré les aléas déjà traversés (inondation en 2016, Covid en 2020, année blanche en 2024). Sans billetterie, chaque imprévu pèse davantage sur l'équilibre financier, c'est pour cela que maintenir la gratuité demande un soutien public solide et une vraie souplesse d'organisation, que le festival continue d'année en année à démontrer.
Sarah Milen

