
Lundi 22 juin, à l'Hôtel de Région de Besançon, la Bourgogne-Franche-Comté signera sa première Charte d'achat local de la filière horticole et paysagère. Une démarche qui répond à une question simple : d'où viennent les plantes qui habillent nos villes ?
Aujourd'hui, quand une collectivité aménage un parc ou plante des arbres le long d'une avenue, les végétaux peuvent venir de pépinières situées à des centaines, voire des milliers de kilomètres. Cette charte invite les acheteurs publics à privilégier des fournisseurs régionaux, dans le respect du code de la commande publique. L'objectif : réduire les distances de transport, soutenir les producteurs locaux et planter des espèces adaptées au climat et aux sols de la région, un enjeu décisif face au réchauffement, qui fragilise des essences mal acclimatées.
La signature réunira des acteurs complémentaires : le président de Région Jérôme Durain et le vice-président à l'agriculture Christian Morel côté collectivité, mais aussi VERDIR Bourgogne-Franche-Comté (les producteurs horticoles et pépiniéristes), l'UNEP (entreprises du paysage), HORTIS (responsables d'espaces verts publics) et la Fédération Française du Paysage. Cette diversité illustre la logique de filière : du producteur au paysagiste-concepteur, jusqu'au gestionnaire d'espaces verts qui entretient les aménagements une fois livrés.
Concrètement, signer une charte d'achat local n'est ni une obligation légale ni un nouveau marché public : c'est un engagement volontaire. Les collectivités signataires s'engagent à informer leurs services techniques et leurs prestataires de l'existence d'une offre régionale, à l'intégrer dans leurs critères de choix quand c'est possible, et à mieux faire connaître les compétences locales. Des démarches similaires existent déjà ailleurs en France, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2017 ou en Île-de-France, où elles ont permis de structurer le dialogue entre collectivités et professionnels du végétal.
Pour la filière horticole régionale, déjà fragilisée par plusieurs crises ces dernières années, ce type de partenariat représente un débouché stabilisé et une reconnaissance de son savoir-faire. Pour les collectivités, c'est un outil concret de transition écologique : des plantations plus résilientes, des circuits courts, et un ancrage territorial renforcé. La signature du 22 juin marque ainsi moins un aboutissement qu'un point de départ, celui d'une dynamique collective à transformer en pratiques durables.
Sarah Milen

