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Avec de Carville, l’Yonne voit le pouvoir politique pencher vers le nord

Avec de Carville, l’Yonne voit le pouvoir politique pencher vers le nord

26 juillet 2026

@grandsenonais

Est-ce son visage enfantin ? Cette façon d’avancer vers le pouvoir sur la pointe des pieds ? Ce qui est sûr, c’est que l’ascension désormais irrésistible de Paul-Antoine de Carville (LR) à Sens s’est faite dans la discrétion, sans que personne ou presque ne l’ait vue venir. Mais l’évidence s’impose : avec Grégory Dorte et Jean-Baptiste Lemoyne, De Carville est aujourd’hui une des principales figures politiques de l’Yonne. Et il n’a que 35 ans…

En deux mois, il a tout raflé : mairie de Sens, présidence de l’agglomération du Grand Sénonais et du pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) Yonne Nord. Une prouesse sur le territoire sénonais, où le RN réalise des scores habituellement XXL. Mais loin d’être une surprise pour ceux qui le connaissent depuis une quinzaine d’années. Marie-Louise Fort, l’ancien maire de Sens qui lui a mis le pied à l’étrier politique en le nommant adjoint aux quartiers en 2014, ne disait-elle pas de lui qu’il est « percutant et intelligent » ?

Scoutisme, Sciences Po et sens politique

Ce fils de bonne famille sénonaise (son arrière-grand-père a fondé l’entreprise A.B.A à Villeneuve-sur-Yonne) qui considère le scoutisme « comme une école de la vie », diplômé de Sciences Po Paris avant de créer la start-up Le Parapheur, a su monter une à une les marches du pouvoir sans faire de bruit. Au départ simple adjoint « qui doit faire ses preuves », devenu premier adjoint en 2020, il est élu maire de Sens par le conseil municipal à la mort de Marie-Louise Fort en 2022.

Il démontre très vite son sens politique en laissant l’agglomération à Marc Botin, le maire de Dixmont. De Carville se concentre sur sa ville et ses nouvelles fonctions. Il sait qu’il doit apprendre, se faire connaître des habitants. Et puis le temps et la jeunesse sont de son côté. En 2026, on lui prédit le pire face au candidat RN, parti arrivé largement en tête deux ans plus tôt à Sens aux européennes puis aux législatives, où Julien Odoul a même franchi la barre des 50 % dès le premier tour.

Mais c’est De Carville qui frôle la majorité dès le premier tour des municipales, s’imposant sans partage au second avec 73 % des suffrages face à Ludovic Massard (RN). Ensuite, place au Grand Sénonais : l’animal à sang froid, qui a su attendre son tour, prend les commandes de l’agglomération. Puis dans la foulée, celles du PETR Yonne Nord, qui lui vaut une victoire de prestige face à Nicolas Soret, le maire de Joigny qui présidait jusqu’ici l’organisme chargé de récupérer des subventions auprès de la Région Bourgogne-Franche-Comté. De Carville sait que le pouvoir ne se partage pas.

Pass Navigo et destin à la Sarkozy ?

Son nouveau combat pourrait faire exploser sa côte de popularité. Aux côtés de Grégory Dorte, Paul-Antoine de Carville milite depuis 2025 auprès de Valérie Pécresse, la présidente de la Région Île de France, pour que le pass Navigo, qui bénéficie déjà aux habitants de Montargis (Loiret) et de Dreux (Eure-et-Loir), soit étendu aux milliers de navetteurs du nord de l’Yonne qui utilisent le TER Sens-Paris pour aller travailler dans la capitale.

Et ensuite ? « Si je veux avoir plus d’ambition un jour, il faut d’abord que je transforme Sens », a-t-il un jour déclaré. Certains lui prédisent un destin à la Sarkozy (dont il est un grand fan), élu maire de Neuilly à l’âge de 28 ans. L’avenir le dira. Une certitude : avec le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne, le président du Département de l’Yonne Grégory Dorte (également maire de Pont-sur-Yonne), l’émergence de Paul-Antoine de Carville fait désormais du nord de l’Yonne le centre névralgique du pouvoir politique local.

Valérie Descamps
Correspondante politique

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