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Sous les rues d'Auxerre, une révolution silencieuse est en cours. Depuis l'automne 2024, pelleteuses et tranchées ont progressivement investi plusieurs artères de la ville pour déployer AUXEV2, le second réseau de chaleur urbain de la commune. À terme, près de 5 000 foyers seront chauffés grâce à du bois issu de forêts locales gérées durablement. Un projet à 28 millions d'euros qui illustre une transition énergétique concrète, au bout de la rue.
Un tuyau sous la ville, de la chaleur chez vous
Le principe est simple : une chaufferie centrale produit de la chaleur, qui circule dans des canalisations enterrées jusqu'aux bâtiments raccordés. Là, elle chauffe les radiateurs et l'eau chaude, comme une chaudière individuelle, mais mutualisée entre des centaines de logements, d'écoles ou d'hôpitaux.
La biomasse utilisée, c'est du bois : résidus forestiers, branches, chutes de scierie. La future chaufferie du boulevard de Montois en consommera près de 11 620 tonnes par an. C'est une énergie considérée comme renouvelable car le CO₂ libéré lors de la combustion est le même que celui absorbé par les arbres durant leur croissance, contrairement au gaz, qui puise dans des réserves fossiles.
Auxerre, pionnière depuis 2014
La ville n'en est pas à son coup d'essai. Un premier réseau (AUXEV), opérationnel depuis 2014, dessert déjà l'équivalent de 3 955 logements, dont le centre hospitalier et le lycée Joseph Fourier, avec plus de 80 % d'énergie renouvelable. AUXEV2 est trois fois plus ambitieux : 18,3 kilomètres de canalisations et près de 4 900 équivalents-logements raccordés.
Les travaux se poursuivent ce mois-ci sur plusieurs axes, avec une fin prévue progressivement jusqu'en juillet. La chaufferie biomasse, elle, sera construite à partir de décembre pour une mise en service à l'automne 2026. Combinée au premier réseau, la puissance totale atteindra 59 MW.
Moins de CO₂, prix plus stables
Le bilan environnemental est saisissant : AUXEV2 évitera 8 412 tonnes de CO₂ par an, l'équivalent de 7 010 voitures retirées de la circulation. Cumulé au premier réseau, ce sont près de 10 000 tonnes économisées chaque année.
Pour les abonnés, avantage supplémentaire : le prix de la chaleur biomasse est largement déconnecté des marchés mondiaux, avec un taux de TVA réduit à 5,5 %.
Sarah Milen

