À trois journées de la fin, l’AJ Auxerre joue son maintien en Ligue 1. Entre blessures, irrégularité et pression du résultat, les hommes de Christophe Pélissier abordent un sprint final décisif, avec une seule obsession : gagner, coûte que coûte.
Lassine Sinayoko est le meilleur buteur du club cette année (8 buts - 3 passes décisives). Crédit : Matéo Desnoyers
Auxerre entre dans le moment le plus crucial de sa saison. Trois matchs, 270 minutes : voilà tout ce qui sépare encore l’AJ Auxerre de son objectif maintien. Après 31 journées, les Bourguignons occupent la 16e place avec 25 points. Une position fragile, qui laisse un goût d’inachevé au regard de certaines prestations abouties mais non récompensées.
Mais le temps des regrets est révolu. « Tout le travail que l’on a fourni cette année, c’est maintenant qu’il va porter ses fruits », assure Lassine Sinayoko. À quatre points du premier non-relégable, l’AJA n’a plus le luxe de produire du jeu sans efficacité. Le message de Christophe Pélissier est limpide : « On ne fait pas du patinage artistique. Si on doit gagner 1-0 petitement, on le prendra. » Après une prestation manquée à Lyon, « autant dans les intentions que techniquement », les Auxerrois veulent réagir à domicile. Même si la fermeture de la tribune Ultra, sanctionnée après des débordements face à Nantes, privera l’équipe d’un soutien habituel.
Angers, un adversaire piégeux
Sur le papier, la rencontre face à Angers pourrait sembler abordable. Mais l’histoire récente incite à la prudence. Les deux derniers déplacements au stade Raymond-Kopa se sont soldés par des défaites (2-0), et l’an dernier, il avait fallu un but dans les derniers instants d’Hamed Junior Traoré pour arracher la victoire.
Christophe Pélissier attend surtout une équipe conquérante, à l’image de son entame face à Monaco : « une équipe qui montre ses intentions, qui veut faire mal à l’adversaire ». Car au-delà du résultat, c’est aussi le contenu qui interroge. « Quand on perd contre des grosses équipes, je veux qu’on en sorte avec des certitudes », insiste le coach, encore en quête de régularité dans les performances. Attention aussi à l’effet pervers d’un adversaire sans pression. Officieusement maintenu, Angers pourrait jouer libéré. Un scénario que redoute Christophe Pélissier : « L’année dernière, on n’avait plus rien à jouer et on en met quatre à Lens chez eux. »
Entre tension et excitation
Si l’enjeu est immense, il est aussi source d’adrénaline pour les joueurs. Dans le vestiaire, la pression laisse souvent place à une forme d’excitation. « Il y a beaucoup d’excitation, tout le monde est pressé de jouer ces matchs-là », confie Lassine Sinayoko. Car ce sont précisément ces rendez-vous qui donnent du sens à une saison. « Quand on est enfant, on rêve de jouer des matchs à enjeu », poursuit l’attaquant. Même si le maintien n’est pas l’objectif le plus glamour, il n’en reste pas moins vital. « Où que tu sois, tu ne veux jamais descendre. On va se battre corps et âme pour cette mission. »
Le groupe veut croire en sa capacité à renverser la situation. « La qualité du groupe est incroyable », insiste l’international Malien, persuadé que tout peut basculer : « Ce sera peut-être quelqu’un qui n’a jamais marqué qui inscrira le but le plus important. » Dans cette dernière ligne droite, l’AJA mise aussi sur la force du collectif et l’environnement du stade. « Jouer à la maison, ça nous donne un supplément d’âme », glisse-t-il. Même diminué, le soutien du public reste un levier essentiel. Christophe Pélissier, lui, refuse de parler de pression. Il préfère évoquer « l’excitation des fins de saison » et appelle ses joueurs à se concentrer sur l’instant présent : « Il faut jouer le match au moment précis. » Sans calcul. Sans projection. Juste avec une idée fixe : gagner. Car au fond, tout est résumé en une phrase : « On n’imagine pas une autre issue que le maintien. »
Ethan Bickle
