
Ils ont quitté l'Yonne pour répondre à l'appel de la solidarité nationale. Depuis plusieurs jours, les sapeurs-pompiers icaunais affrontent les incendies qui ravagent le sud de la France. Après avoir été engagés sur le front de Poussan, dans l'Hérault, ils viennent d'être redéployés dans les Bouches-du-Rhône. Derrière les cartes d'état-major et les ordres opérationnels, ce sont des femmes et des hommes qui enchaînent les heures de lutte contre un ennemi aussi imprévisible qu'impitoyable : le feu.
Lorsque les colonnes de renfort quittent leur département, c'est toujours avec la même promesse : être là où la République a besoin d'elles. Les sapeurs-pompiers de l'Yonne ne font pas exception. Depuis plusieurs jours, ils prêtent main-forte aux services de secours du Sud, confrontés à des incendies de végétation d'une rare intensité.
Selon le dernier point de situation communiqué par le comité stratégique, une partie du détachement, placée sous les ordres du capitaine (CNE) Cereza, a été engagée sur le secteur dit du « flanc gauche » de l'incendie de Poussan, dans l'Hérault. Sur un terrain rendu difficile par la chaleur, le vent et une végétation particulièrement sèche, chaque progression se gagne mètre après mètre.

Après cette première intervention, les équipes ont bénéficié de quelques heures de récupération avant de rejoindre l'École départementale du Service départemental d'incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (SDIS 13). Elles sont désormais placées à la disposition du Centre opérationnel de zone Sud (COZ Sud), qui coordonne l'ensemble des renforts engagés sur les différents foyers.
Le dernier bilan est rassurant : aucun pompier de l'Yonne n'a été blessé et, malgré la fatigue qui s'accumule, le moral reste solide. Une information qui témoigne autant du professionnalisme des équipes que de leur cohésion sur le terrain.
À des centaines de kilomètres de leur caserne, les soldats du feu icaunais poursuivent leur mission avec la même discrétion que la plupart de leurs collègues venus de toute la France. Dans ces paysages marqués par les fumées et les flammes, ils incarnent cette solidarité silencieuse qui unit les services d'incendie et de secours lorsque les catastrophes dépassent les frontières d'un département. Une présence qui rappelle qu'au-delà des uniformes et des véhicules, ce sont avant tout des femmes et des hommes qui choisissent, chaque jour, de protéger les autres.
Emma Miredin

