Fondé par d’anciens résistants et des enseignants, l’Arory recherche et diffuse la connaissance sur la période de l’occupation et la résistance dans l’Yonne depuis 38 ans.

Agrégé d’Histoire, professeur d'histoire géographie au lycée Jacques Amyot d'Auxerre, Frédéric Gand est président de l’Arory.
« Il y a encore une forte demande des familles pour identifier une photo, savoir dans quelle compagnie ou dans quel maquis se trouvait une personne, voir si on a des renseignements sur un oncle ou un grand-père qui n’a pas parlé », lâche Frédéric Gand, président de l’Arory et professeur d’Histoire-géo au Lycée Jacques-Amyot. Trente-huit ans après sa création, L’Association de Recherches sur l'Occupation et la Résistance dans l’Yonne (Arory) continue d’avoir du boulot. Calqué sur le modèle morvandiau de l’Arorm, l’Arory est fondé en 1988 par d’anciens résistants et des enseignants pour documenter et lever le voile sur un passé qui ne passe pas : l’occupation.
Malgré des moyens humains limités dans un domaine - la recherche - qui demande beaucoup de temps et de rigueur, l’association a multiplié les projets pour rendre accessible la connaissance sur l’occupation et la résistance dans l’Yonne. En 2004, un CD-ROM sous forme de base de données, avec plus de 1000 fiches biographiques et informatives sur la période, est mis en vente. En 2008, c’est un livre de 700 pages qui est publié. Dans ces années-là, l’association organise également colloques et reconstitutions historiques.
En 2026, l’Arory compte encore une centaine d’adhérents. Les résistants se font de plus en plus rares. Le doyen François Solano, combattant durant la guerre d’Espagne puis maquisard, est décédé en 2025 à l'âge de 103 ans. Écrits par une poignée d’adhérents, l’association continue de publier chaque année deux bulletins de recherches : « Il y a encore des séries à étudier aux archives départementales, les problématiques historiques ont changé, il y a encore un certain nombre de dossiers pas totalement ouverts. Certaines choses sont plus faciles à consulter que d’autres, confie Frédéric Gand. L’année dernière, on a publié les travaux de recherche d’un Australien, spécialiste des maquis du sud de l’Yonne. On vérifie bien sûr que c’est solide et sourcé, mais on est aussi là pour diffuser la recherche utile d’autres chercheurs libres ».
Enfin, l’adresse mail de l’association reçoit toujours des demandes d’informations des familles. « Souvent les gens espèrent qu’on puisse trouver des choses qui sont impossibles car il y a eu des milliers de maquisards, et comme c’était quelque chose de foncièrement clandestin, c’est très difficile, mais quand on peut on y va, on fait des recherches quand on peut ».
Arthur Londres

