
Sandrine Rocard, directrice générale de l'Agence de l'eau Seine-Normandie, et Patrice Baillet, président de l'EPAGE de l'Armançon. © AESN
C'est un territoire que peu de randonneurs connaissent, et pourtant. Entre Côte-d'Or, Aube et Yonne, le bassin de l'Armançon déploie ses 3 100 km² de prairies, forêts et vallées discrètes, traversés par plus de 1 200 kilomètres de cours d'eau qui alimentent l'Yonne puis la Seine. Un patrimoine naturel fragile, longtemps malmené par des décennies d'aménagements hydrauliques qui ont accéléré les écoulements au détriment des écosystèmes.
Le 19 mai 2026, à Saint-Florentin, une page s'est tournée. L'EPAGE de l'Armançon et l'Agence de l'eau Seine-Normandie ont signé un nouveau contrat de territoire ambitieux pour la période 2026-2030 : 116 actions, 15,4 millions d'euros, et une vision claire, rendre à ces rivières leur caractère naturel.
Au programme : restaurer 56 kilomètres de cours d'eau en redonnant aux méandres leur liberté, supprimer ou réaménager 44 ouvrages hydrauliques hérités des anciens moulins, et redonner vie à 795 hectares de zones humides asséchées. Ces milieux, véritables éponges naturelles, jouent un rôle essentiel dans la prévention des inondations et le soutien des débits en période de sécheresse — deux enjeux cruciaux dans un contexte climatique bouleversé.

Pour les amoureux de nature, ce programme dessine les contours d'une région en pleine renaissance. La plantation de 45 kilomètres de haies redessinera les paysages agricoles, tandis que 220 mares seront créées ou réhabilitées, autant de refuges pour la faune sauvage. Les affluents de l'Armançon, comme la Brenne ou l'Armance, retrouveront progressivement berges diversifiées et habitats aquatiques préservés.
Un territoire à suivre de près, et à explorer, sans attendre.
Clara Varenne
