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Toujours s'adapter

Toujours s'adapter

Clara Varenne26 mai 2026
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Maïdou MARCEAU Directrice et M. Galisot, Directeur Adjoint Santé et Communication

« Il faut toujours s'adapter. » La formule de Mme Marceau, nouvelle directrice de la CPAM de l'Yonne, résume le combat mené contre une fraude à l'Assurance maladie devenue, en cinq ans, un véritable commerce organisé.

Comprendre les chiffres. En 2025, l'Assurance maladie a détecté 723 millions d'euros de fraudes au niveau national, soit 15 % de plus qu'en 2024. Deux notions à distinguer : le « préjudice subi », repéré après remboursement et qu'il faut ensuite récupérer (437 millions) ; et le « préjudice évité », bloqué avant versement (286 millions). C'est ce second volet qui progresse le plus, signe que les contrôles agissent en amont.

L'Yonne en première ligne. Le département, qui couvre 295 000 assurés, affiche 2,77 millions de préjudices détectés et 1,13 million évités. Rapporté à sa population, il se classe au 3e rang français. Et 94 % des dossiers font l'objet de suites contentieuses.

Une fraude qui se professionnalise. Fini le faux arrêt de travail bricolé entre amis. Place aux « coquilles vides » : de faux centres de santé ou cabinets d'audioprothésistes montés pour facturer des soins fictifs. Pour s'en prémunir, la Caisse vérifie chaque prestataire avant de le conventionner, c'est-à-dire de l'autoriser à être remboursé. « Certains nous trouvent tatillons, mais nous avons eu trop de mauvaises expériences », assume la directrice. Une exigence qui protège aussi les entrepreneurs honnêtes face à des concurrents indélicats.

L'arme du numérique. Depuis septembre, les avis d'arrêt de travail intègrent des sécurités dignes d'un chèque : photocopiés, ils changent de couleur. Les sites illégaux qui les revendaient 20 à 30 euros se sont effondrés. L'ordonnance numérique et l'e-carte Vitale poursuivent le même but.

Des enquêteurs spécialisés. Pour suivre des réseaux qui couvrent tout le territoire, l'Assurance maladie compte sur sept pôles interrégionaux : juristes, anciens gendarmes, statisticiens. Trois ont épaulé l'Yonne en 2025, avec des méthodes d'investigation, telle l'infiltration des filières, que la caisse locale n'a pas.

L'union fait la force. CPAM, Urssaf, Caf, douane ou gendarmerie croisent aussi leurs informations au sein du comité départemental anti-fraude. Car « si l'on triche auprès d'un organisme, c'est souvent le cas partout ». Une loi en préparation doit en outre durcir les sanctions en cas de récidive.

L'enjeu, au fond, est simple : chaque euro détourné est un euro de moins pour les soins. Protéger l'argent public suppose une vigilance sans cesse renouvelée, et la certitude que les fraudeurs, eux, ne cessent jamais d'innover.

Clara Varenne

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