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1er Mai : boulangers et fleuristes autorisés à ouvrir, mais la pilule passe mal

1er Mai : boulangers et fleuristes autorisés à ouvrir, mais la pilule passe mal

Ethan Bickle21 avril 2026
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Le gouvernement a tranché : les salariés des boulangers et fleuristes pourront travailler le 1er Mai. Une clarification attendue après les incertitudes de l’an dernier. Mais sur le terrain, cette réforme, censée sécuriser les professionnels, laisse un goût amer.IMG_0966.HEIC

Olivier Leclerc a ouvert le fleuriste N°13 en 2008. Crédit : Ethan Bickle

Le 1er Mai restera-t-il un jour à part ? Cette année, l’exécutif a choisi de clarifier la situation. Les boulangers et les fleuristes sont désormais autorisés à ouvrir, une annonce destinée à sécuriser juridiquement des pratiques déjà largement répandues. Car ces dernières années, le doute s’était installé. En 2025, plusieurs professionnels avaient travaillé sous la menace de sanctions, après des contrôles renforcés de l’inspection du travail. Une situation jugée incompréhensible par beaucoup. « Je n’ai jamais vu un 1er Mai sans boulangerie », lâche un boulanger de l’agglomération auxerroise, encore marqué par cette période d’incertitude.

Pour lui, cette réforme vient corriger une aberration. « Pourquoi un McDo pourrait ouvrir et pas un boulanger ? », interroge-t-il, pointant du doigt une inégalité de traitement entre les commerces. Dans les faits, de nombreuses enseignes de restauration ou de services restaient accessibles, quand les artisans, eux, se retrouvaient dans une zone grise. Derrière cette question, c’est toute la logique du jour férié qui est remise en cause. Car si le principe du 1er Mai chômé reste inscrit dans le droit du travail, la réalité économique, elle, n’a jamais totalement cessé de tourner.

Sur le terrain, une organisation sous tension

Mais cette clarification ne règle pas tout, loin de là. Chez les fleuristes, l’organisation du 1er Mai relève du casse-tête. « On ne peut pas jouer avec les dates. Les fleurs, il faut les produire, les anticiper. On ne décide pas quinze jours avant si on ouvre ou non », explique Olivier Leclerc, fondateur du fleuriste N°13. Le problème est aussi social. Les employeurs doivent prévenir leurs salariés en amont pour établir les plannings, une obligation difficile à concilier avec les changements de dernière minute. Certains choisissent donc d’ouvrir seuls, sans faire travailler leurs équipes.

À cela s’ajoute la concurrence jugée déloyale des ventes sauvages de muguet. Une grande partie des ventes échappe aux circuits officiels, avec des particuliers installés dans la rue, souvent en toute illégalité. « Pourquoi ce serait toléré pour les fleurs et pas pour d’autres produits ? » s’interroge le fleuriste. Si la réforme apporte un cadre, elle ne dissipe pas toutes les frustrations. Entre tradition, contraintes économiques et réglementation, le 1er Mai reste un symbole… et un sujet de crispation pour toute une profession.

Ethan Bickle

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